Mariane Ibrahim est fière de présenter *Selva color del tiempo*, la première exposition personnelle de José Gamarra au Mexique. L’exposition tire son titre du texte qu’Édouard Glissant a rédigé pour l’exposition de Gamarra en 1985 à la galerie Albert Loeb, à Paris. Figure centrale de la pensée caribéenne et de la « Poétique de la Relation », Glissant a entretenu un lien avec l’œuvre de l’artiste pendant des décennies, en tant qu’écrivain, collectionneur et ami. Dans l’essai qui donne son titre à l’exposition, Glissant décèle dans la peinture de Gamarra une conception de la forêt qui dépasse les conventions du paysage. La forêt y apparaît comme un territoire où l’histoire demeure inscrite et à partir duquel l’expérience des Amériques peut être appréhendée. Loin de représenter l’Amazonie comme un espace lointain ou vierge, Gamarra la transforme en une archive où convergent la conquête, la colonisation, l’exploitation des ressources naturelles et leur persistance dans le présent. Présentées pour la première fois au Mexique, ces œuvres proposent une lecture continentale : la forêt cesse d’appartenir à un seul pays pour devenir un lieu depuis lequel se lit l’histoire commune des Amériques.
L’exposition réunit des œuvres réalisées entre 1966 et 2026, allant des dessins à l’encre qui ont accompagné la mutation du langage pictural de Gamarra jusqu’à *Fleuve de sang* (2026). Plus qu’une simple rétrospective, l’exposition retrace une recherche ininterrompue menée sur six décennies, durant lesquelles le paysage devient le terrain d’une réflexion sur l’histoire du continent.