- 4 ans Ago
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Pour traiter de l’œuvre de José Gamarra, il faudrait bien plus qu’une préface. Sa peinture, en raison de sa trajectoire, des formes par lesquelles elle est passée, des enjeux historiques et politiques qu’elle rend visibles est l’une des plus intrigantes de son temps, le nôtre.
Gamarra, né en Uruguay en 1934, a d’abord développé une peinture-écriture de pictogrammes semi abstraits jusqu’au milieu des années 1960. Ces graphismes sont ensuite devenus de plus en plus denses et colorés et se sont mués en représentations explicites, qui, au début des années 70, ont trouvé place dans des paysages symboliques. Ceux-ci sont devenus de plus en plus réalistes à partir de la décennie suivante jusqu’à ses toiles les plus récentes.
Ceci fait quatre périodes, comme on dit dans les livres d’histoire de l’art au risque de négliger cette évidence : c’est d’un seul et même artiste qu’il s’agit et, sous les différences stylistiques, une cohérence se maintient. Quelle est celle qui sous-tend la peinture de Gamarra ? C’est ce qu’il faut tenter de découvrir. Pour se faire, un parti pris de méthode a été décidé : se fonder presque exclusivement sur les œuvres elles-mêmes, les considérer en dehors de ce qui a été écrit sur elles, se placer dans la position de l’explorateur d’une contrée inconnue. Les éléments d’interprétation extérieurs employés sont soit des données issues de l’histoire ancienne et contemporaine de l’Amérique Latine ; soit des références prises dans l’histoire universelle des arts.





